Testata


De la revue Science et Foi -n° 94 an 2010


HISTOIRE INAVOUEE DE L'ASTRONOMIE

Yves Nourissat

Saint Thomas d'Aquin dans sa Somme Théologique (Prima Pars, Question XCIV, article 3), enseigne que notre premier père Adam était dote de la science infuse, c'est-à-dire qu'il a reçu directement de Dieu un enseignement sur toutes les vérités naturelles et donc notamment celles qui concernent l'astronomie. Moïse révèle dans le Livre de la Genèse que notre premier père donna leurs noms aux animaux. De très anciennes traditions juives et arabes consignées dans l'ouvrage de Francs Rolleston Mazzaroth affirment que c'est Adam et ses descendants Seth et Henoch qui donnèrent leurs noms aux étoiles et aux constellations pour décrire dans le ciel le pian du salut. C'est pourquoi David le Roi-Prophète chante que « Les cieux racontent la gloire de Dieu ».

Il a transmis ses connaissances a ses descendants et notamment aux Saints Patriarches antédiluviens qui précèdent Noé et qui sont nos ancêtres. L'historien juif Flavius Josèphe a note dans ses Antiquités juives que ces patriarches avaient des connaissances astronomiques remarquables car ils passaient beaucoup de temps a observer le ciel et qu'ils avaient consigné leurs observations sur deux stèles dont l'une survécut au Déluge et était encore visible a son époque dans le désert de Syrie. Ils avaient en particulier mesuré la durée de la grande année luni-solaire égale a 600 ans que Jean-Baptiste Cassini, le premier directeur de l'Observatoire de Paris retrouva.

Les trois fils de Noé et leurs descendants repeuplèrent la terre après la Dispersion consécutive a la Confusion des langues de Babel. Tous les peuples qui en étaient issus héritèrent de la conception adamique de l'univers et traduisirent dans leurs langues les noms des étoiles et des constellations en conservant le sens initial comme l'a remarqué Frances Rolleston. Ils pensaient tous que la terre était immobile au centre du firmament sphérique sur lequel étaient fìxées les étoiles, que ce firmament tournait quotidiennement autour de l'axe de la terre passant par l'Etoile Polaire et la Croix du Sud, et que le soleil était anime d'un doublé mouvement, diurne et annuel au cours duquel il passait devant tous les Signes du Zodiaque.

La Lune possédé également un doublé mouvement diurne et mensuel, ce qui explique ses différentes phases, nouvelle lune, premier quartier, pleine lune et dernier quartier. Il est remarquable que la Lune a le même diamètre apparent que la soleil vu de la terre, ce qui permet une occultation éventuelle totale de celui-ci pendant les éclipses. Les planètes décrivent également un doublé mouvement, diurne autour de la terre en même temps qu'elles accompagnent le soleil autour duquel elles ont un mouvement orbital.

Pendant la période qui précéda le Déluge, les descendants de Caïn se mirent a pratiquer la magie, l'idolâtrie et l'astrologie judiciaire, c'est-à-dire une utilisation abusive et déraisonnable de l'influence des astres sur le corps humain. D'après Saint Cassien dans sa VIIIème Conférence au chapitre 5, ces connaissances diaboliques dont Dieu avait réprimé l'usage par le Déluge, furent transmises aux descendants de Noé par son fils Cham qui se trouvait dans l'Arche et avait grave tous ces procédés sur une plaque métallique.

Les Egyptiens avaient des connaissances astronomiques très étendues comme en témoignent la précision de leurs calendriers et les proportions de la Grande Pyramide qui, d'après l'astronome écossais Piazzi-Smith, reflétaient celles du système solaire, comme l'a note l'abbé Moreux dans son ouvrage La Science Mystérieuse des Pharaons. Les Chaldéens étaient également réputés pour leur science astronomique. D'après Aristote, leurs observations du ciel et notamment des éclipses auraient commencé juste après la Dispersion.

Les Grecs qui, d'après Platon dans son Critias tenaient leurs connaissances des prêtres égyptiens, possédaient une science très complète du ciel qui fut transmise aux Romains et a l'Europe Chrétienne. L'astronome Ptolémée, qui avait rédigé l’Almageste avait conçue un système de déférents et d'épicycles qui permettait de faire des prévisions très précises des mouvements de tous les corps célestes, et donc d'établir des calendriers. Hipparque qui fut le dernier astronome a faire des observations précises avant le Danois Tycho-Brahé avait remarqué le déplacement annuel du point vernal que l'on appelle la précession des équinoxes. Ces astronomes pensaient pour l'avoir observé que les corps célestes avaient une influence sur les corps terrestres. Saint Thomas d'Aquin l'admettait également tout en maintenant contre les abus qui pouvaient être faits dans les horoscopes le principe du libre-arbitre. L'abbé Moreux déjà cité a consacré un ouvrage très intéressant et documenté sur cette question intitulé Les influences astrales.

Quelques philosophes grecs conçurent des systèmes du monde différents du système géocentrique admis quasi-unanimement : le pythagoricien Aristarque de Samos pensait sans l'avoir démontré que c'était le soleil et non la terre qui occupait le centre du monde pour des raisons d'ordre esthétique. Sa conception scandalisa tellement ses contemporains qu'il fut condamné pour impiété. Les atomistes, Démocrite, Leucippe, Epicure et Lucrèce -qui était un Latin- cherchaient a expliquer les phénomènes de la nature en faisant appel a l'existence d'atomes. Ils pensaient en outre que l'univers était infini ou sans limite. La notion de centre n'avait alors plus de sens pour eux. Le philosophe Aristote qui est le dernier et le plus grand des philosophes grecs démontra l'absurdité des conceptions atomistes. Ce sont malheureusement celles-ci qui furent réhabilitées par les modernes après la révolution copernicienne qui s'inspirait de l'hypothèse d'Aristarque.

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Si l'on examine maintenant la conception astronomique des Hébreux telle qu'elle est rapportée dans la Bible dont l’Auteur est l'Esprit-Saint, on constate que Celui-ci parle du Firmament, de l’immobilité de la terre grâce a une action divine et du mouvement quotidien du soleil autour de la terre, que le Roi David compare a un époux lors de son lever. Dans l’Evangile, Notre-Seigneur Lui-même dit que « Dieu fait lever le soleil sur les bons et sur les méchants. » et dans Son discours eschatologique qu'à la fin des temps les étoiles tomberont sur la terre, ce qui serait impossible si elles sont aussi grosses et éloignées que le prétendent les astronomes modernes. Enfin le Symbole des Apôtres et celui de Nicée ne peuvent être compris a la lettre que dans la conception géocentrique de l'univers qui était celle de leurs auteurs lorsqu'ils disent que le Fils de Dieu est descendu du ciel, puis aux Enfers et remonté aux cieux lors de Son Ascension. Dans le Catéchisme du Concile de Trente le rédacteur commente le premier article concernant Dieu Créateur en affirmant que Celui-ci a placé la terre au milieu du monde.

Tous les Pères et Docteurs de l’Eglise avaient une conception géocentrique de l'univers, en particulier Saint-Thomas d'Aquin. Comme le démontre le bel ouvrage du Père Litt Les corps célestes dans l'univers de Saint Thomas, la pensée du Docteur Commun peut difficilement faire abstraction de sa vision de l'univers, ce qu'avaient du mal a reconnaître les néo-thomistes, c'est-à-dire les philosophes catholiques qui, après la publication par S.S. Léon XIII de l'Encyclique Aeterni Patris, remirent en honneur la philosophie de Saint Thomas d'Aquin, croyant de bonne foi le bien fonde de la révolution copernicienne.

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Copernic

Le premier a contester la conception géocentrique quasi-unanimement admise depuis le début de l'humanité fut le chanoine Copernic qui reprit comme nous l'avons dit plus haut l'hypothèse d'Aristarque pensant qu'elle permettait d'expliquer certaines observations plus justement que le système de Ptolémée. Peu de gens savent que le système qu'il conçut était plus compliqué et ne fut pour cette raison jamais utilisé. Ses deux disciples les plus célèbres sont Kepler et Galilée. Le premier, qui est célèbre pour les lois qui portent son nom adopta le système héliocentrique sans justification. Mais il fut le premier a éluder la question des causes des mouvements célestes et il se permettait de décrire les habitants de la lune qu'il n'avait évidemment jamais vus, ce qui laisse planer un doute sur sa qualité de savant. Le deuxième n'avait également aucune preuve de la réalité de la position centrale du soleil dans l'univers et des deux mouvements supposés de le terre qui étaient alors nécessaires. L'analogie qu'il avait cru pouvoir faire entre Jupiter dont il avait découvert et observé les satellites et le soleil autour duquel la terre pourrait décrire une orbite était discutable. Aucun scientifique moderne ne reconnaîtrait comme il le prétendait que le mouvement diurne de la terre était la cause des marées. C'est donc a juste titre qu'il fut condamné par le Tribunal de la Sainte Inquisition pour avoir soutenu une hypothèse qui n'était pas fondée naturellement et qui était hérétique puisqu'elle remettait en cause l'inspiration de nombreux passages de la Sainte Ecriture et de leur interprétation par les Pères de l'Eglise.

Dans une lettre célèbre qu'il avait adressée au carme Foscarini qui avait cru pouvoir adopter comme conforme a la réalité l'hypothèse de Copernic, Saint Robert Bellarmin, Docteur de l'Eglise, expose magistralement les problèmes doctrinaux, toujours existants de nos jours, que poserait une telle adoption :

« Cela a été un plaisir pour moi de lire la lettre en italien et l’article en latin que vous m'avez envoyé. Je vous remercie pour l'une et l'autre, et je peux vous dire que je les ai trouvés pleins d'habileté et de savoir. Comme vous me demandez mon opinion, je vais vous la donner aussi brièvement que possible, parce que, en ce moment, j'ai très peu de temps pour écrire.

« D'abord je dis qu'il me semble que Votre Révérence et le Seigneur Galilée agissez prudemment quand vous vous contentez de parler hypothétiquement, et non absolument, comme j'ai toujours cru que parlait Copernic.

« Car, dire que la terre se meut et que le soleil est immobile, sauve toutes les apparences célestes mieux que ne le font les excentriques et les épicycles, est parler avec un excellent bon sens et ne courir aucun risque. Une telle manière de parler suffît pour un mathématicien.

« Mais vouloir affirmer que le soleil en vérité est au centre de l'univers et tourne seulement sur son axe sans voyager d'est en ouest, et que la terre est située dans la troisième sphère et tourne très rapidement autour du soleil est une attitude très dangereuse et une attitude susceptible d'éveiller les soupçons de tous les philosophes scolastiques et des théologiens, mais aussi d'injurier notre Sainte Foi en contredisant les Ecritures.

« Car Votre Révérence a démontré beaucoup de façons d'expliquer la Sainte Ecriture, mais vous ne les avez pas appliquées en particulier et sans doute vous auriez trouvé cela très difficile si vous aviez essayé d'expliquer tous les passages que vous avez cités.

« Deuxièmement je dis comme vous le savez que le Concile de Trente interdit l’interprétation des Ecritures contrairement au consentement unanime des Saints Pères. Et si votre Révérence voulait lire non seulement les Pères, mais aussi les commentaires des écrivains modernes sur la Genèse, les Psaumes, l’Ecclésiaste et Josué, vous trouveriez qu'ils sont tous d'accord pour expliquer littéralement que le soleil est dans les cieux et se déplace rapidement autour de la terre, et que la terre est loin des cieux et se tient immobile au centre de l'univers. Eh bien, considérez si l'Eglise pourrait encourager a donner a l'Ecriture un sens contraire aux Saints Pères et a tous les commentateurs grecs et latins.

« II ne peut pas non plus être répondu que ceci n'est pas une question de Foi du point de vue du sujet de la matière, c'en est une du point de vue de ceux qui ont parie. Il serait juste aussi hérétique de nier qu'Abraham avait deux fils, et Jacob douze qu'il le serait de nier la naissance virginale du Christ car les deux affirmations sont faites par le Saint Esprit par la bouche des Prophètes et des Apôtres.

« Troisièmement, je dis que s'il y avait une vraie démonstration que le soleil est au centre de l'univers et la terre dans la troisième sphère et que le soleil ne se déplace pas autour de la terre, mais que la terre décrit une orbite autour du soleil, alors il serait nécessaire de procéder avec une grande circonspection en expliquant les passages de l'Ecriture qui semblent contraires, et nous devrions plutôt dire que nous ne comprenons pas plutôt que de dire que quelque chose a été démontré faux.

« Mais je ne crois pas qu'il y ait une telle démonstration. Personne ne me l'a montré. Ce n'est pas la même chose de montrer que les apparences sont sauvées en supposant que le soleil est au centre, et que la terre est dans les cieux, comme il l'est de démontrer que le soleil est réellement au centre et la terre dans les cieux.

Je ne crois pas que la première démonstration pourrait exister, mais j'ai de graves doutes au sujet de la seconde, et en cas de doute, on ne peut pas s'éloigner des Ecritures telles qu'elles ont été expliquées par les Saints Pères.

« J'ajoute que les paroles le soleil se lève et le soleil se conche et se hâte vers le lieu où il se lève sont celles de Salomon qui non seulement parlait par inspiration divine, mais aussi était un nomine sage au-dessus de tous les autres et très instruit dans les sciences humaines et dans la connaissance de toutes les choses créées, et que sa sagesse venait de Dieu. Ainsi, il n'est pas vraisemblable qu'il affirmerait quelque chose qui est contraire a une vérité ou bien déjà démontrée, ou susceptible de l'être.

« Et si vous me dites que Salomon ne parlait que selon les apparences et qu'il nous semble que le soleil tourne quand réellement c'est la terre qui se déplace, comme il semble a quelqu'un sur un bateau que la plage s'éloigne de celui-ci, je répondrai que celui qui s'éloigne de la plage, bien qu'il lui semble que c'est la plage qui se déplace, sait qu'il est dans l’erreur et la corrige, voyant clairement que c'est la bateau qui bouge et non la plage. En ce qui concerne le soleil et la terre, aucun homme sage n'est nécessaire pour corriger l’erreur, étant donne qu'il se rend compte clairement que la terre se tient immobile et que son œil n'est pas trompé quand il juge que le soleil se déplace, exactement comme il n'est pas trompé quand il juge que la lune et les étoiles se déplacent.

« Et ceci est assez a présent. Je salue Votre Révérence et demande a Dieu de vous accorder tout le bonheur possible. Fraternellement.

Cardinal Robert Bellarmin

 

Les Jésuites du Collège Romain qui étaient les plus grands savants de l'époque s'employèrent pendant plus d'un siècle a défendre la conception géocentrique de l’univers et l’inerrance de la Bible contre les scientifiques tels que Descartes, Gassendi, Peiresc et d'autres qui la contestaient sans apporter de preuves. Mais certains jésuites finirent par adopter la philosophie cartésienne et les idées de Newton et la Compagnie de Jésus fiat dissoute. Nous avons pu cependant lire un ouvrage anticopernicien écrit par deux jésuites a la veille de la révolution. Mais chez les laïcs, a la suite de Fontenelle qui admettait déjà la pluralité des mondes habités, l’explication faite par Bradley de l’aberration et les concepts de Newton, dont les Principia avaient été traduits en français par la Marquise du Châtelet, maitresse de Voltaire, ne furent pas contestées par les savants catholiques. Il n'est pas étonnant que les ouvrages coperniciens aient été enlevés de l'Index où ils se trouvaient en deux étapes, en 1757 puis sous le pontificat de Pie VII, sans autre raison qu'un consensus général non justifié.

La Providence veille cependant pour défendre la vérité. Le Pére Boscovich, bien que disciple de Newton, eut l'idée d'une expérience faite avec un télescope rempli d'eau pour observer le phénomène de l'aberration. Celle-ci ne fut réalisée que cent plus tard environ en 1871 par l’astronome britannique Airy. Mais elle plongea les savants de l'époque dans un abîme de perplexité dont nous reparlerons. D'autre part, l’astronome français Arago fit en 1810 une expérience dont les résultats étaient incompatibles avec l’explication de l'aberration donnée par Bradley en utilisant la théorie corpusculaire de la lumière de Newton. C'est Fresnel qui crut pouvoir expliquer le phénomène observé par Arago en considérant la lumière comme une vibration de l’éther qui serait partiellement entraîné par la terre qu'il pénétrerait. L'expérience faite par Fizeau sur l’entraînement partiel de l’éther par un courant d'eau semblait justifier l’interprétation de celle d'Arago par Fresnel. Mais le résultat de l’expérience d'Airy que nous avons déjà évoquée dans laquelle on n'observait pas de variation de l’angle d'aberration avec un télescope rempli d'eau était a nouveau incompatible avec les explications précédentes. C'est ce problème qui incita Michelson , le premier Prix Nobel américain, a réaliser, d'abord seul a Postdam en 1881, puis avec Morley a Cleveland en 1887 et enfin avec Gale en 1924 des expériences fameuses pour mesurer la vitesse supposée de la terre par rapport a l’éther dans ses mouvements hypothétique orbitai autour du soleil et diurne sur elle-même.

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Le Physicien Albert A. Michelson

Avant de donner des explications cohérentes de toutes ces observation et expériences, notons que ce qu'on appelé l’échec de l’expérience de Michelson-Morley qui ne donnait pas la vitesse attendue de la terre par rapport a l’éther dans son mouvement suppose autour du soleil conduisit a l'explication relativiste de celle-ci par Henri Poincaré, puis par Einstein qui la pilla a l'incitation de Max Planck. La théorie de la relativité restreinte impliquait l'abandon de la notion d'éther, de celle de composition de la vitesse de la lumière avec une autre vitesse et la conception d'un espace-temps a quatre dimensions qui serait la référence de toutes les observations. En empruntant encore a d'autres collègues tels que Grossman, Einstein se rendit célèbre en mettant sur pied la théorie de la relativité généralisée qui a encore moins de rapports avec la réalité que la relativité restreinte. C'est comme prolongement de cette théorie de la relativité généralisée que l'abbé Georges Lemaître eut l'idée de l'hypothèse de l'atome primitif dont serait issu l'univers auquel l'astronome britannique Fred Hoyle donna par dérision le sobriquet de Big-Bang qui lui est reste. Cette hypothèse parut trouver une justification par l’interprétation faite par l'astrophysicien Hubble du décalage des spectres des objets célestes prétendument très éloignés comme résultant d'un effet Doppler d'éloignement et par la découverte du rayonnement cosmologique par les physiciens américains Penzas et Wilson qui fut interprété indûment comme un rayonnement fossile provenant du Big-Bang. Nous verrons que l'on peut donner une autre interprétation de ces observations.

Nous voyons donc qu'à partir du moment où le système du monde transmis depuis Adam jusqu'à Copernic a été remis en cause qu'il n'a cesse de changer et de s'éloigner de la réalité. Si l'on admet le principe d'identité selon lequel la vérité concernant une question est immuable et si on s'interdit de penser sans preuve comme les philosophes modernes que le soleil est le centre du système solaire, on peut démontrer par la logique que le véritable système du monde est celui que Dieu a enseigné a Adam. Il reste a démontrer que toutes les preuves supposées du contraire sont illusoires ou peuvent être interprétées différemment. C'est ce que nous allons faire maintenant.

Le phénomène de l'aberration découvert par l'astronome anglais Bradley est considéré comme une preuve du mouvement orbital de la terre autour du soleil. En effet, le savant britannique qui cherchait a observer la parallaxe des étoiles qu'on était en droit d'attendre si la terre décrivait une orbite découvrit un phénomène inattendu dans le mouvement apparent annuel de l’étoile Gamma du Dragon qu'il appela pour cette raison aberration et qu'il interpréta comme résultant d'une composition de la vitesse des corpuscules lumineux imaginés par Newton avec la vitesse supposée de la terre autour du soleil dans le télescope. Cependant cette explication peut être remise en cause de deux façons : la théorie corpusculaire qu'il a utilisée ne permet pas d'expliquer le résultat de l’expérience d'Arago faite en 1810 et l’angle d'aberration est le même dans un télescope plein d'eau comme s'en est rendu compte l'astronome anglais Airy en 1870 contrairement a ce qui était attendu.

L'astronome berlinois Bessel prétendait également avoir prouvé la réalité de l'orbite supposée de la terre autour du soleil par l’observation de la parallaxe d'une étoile. Cependant lorsqu'on examine son rapport, on découvre que la périodicité du mouvement suppose reflété dans la parallaxe n'est pas d'un an.

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Pendule de Foucault

Le pendule de Foucault est présenté comme une preuve de la rotation diurne de la terre sur elle-même. Cependant le Professeur Maurice Allais s'est rendu compte que le pendule paraconique qu'il avait conçu et dont il a observé les mouvements pendant de longues périodes s'arrêt de dériver pendant les éclipses de soleil. Si la théorie du pendule de Foucault était bonne, seul un arrêt du mouvement diurne de la terre serait en mesure de produire un tel effet. Il faut donc trouver une autre explication a la dérive du pian d'oscillation du pendule. L'effet Allais que nous venons d'évoquer a été observé indépendamment par le Professeur roumain Jeverdan qui en avait communiqué a l'Académie des Sciences de Paris un compte-rendu. Le professeur également roumain Mihaïla l'a également mis en évidence très récemment.

Nous avons vu que l’échec de l'expérience de Michelson-Morley, c'est-à-dire son inaptitude a démontrer le mouvement orbital supposé de la terre autour du soleil avec la vitesse supposée avait conduit Henri Poincaré, plagié par Einstein comme l'a prouvé Jules Leveugle dans l'ouvrage qu'il a consacré a cette question et publié a L'Harmattan, a concevoir une explication du résultat de l'expérience avec la théorie de la relativité restreinte selon laquelle la vitesse de la lumière ne pouvait se composer avec une autre vitesse et a remettre en cause l'existence de l'éther par rapport auquel le mouvement supposé devait être mesuré..

Cependant le physicien français Sagnac réalisa une expérience en 1913 dans laquelle il était possible de composer la vitesse de la lumière avec celle d'un plateau tournant et mesurer celle-ci. Deux montages du même type, l'un réalisé par Michelson et Gale en 1924 avec lequel ils mesuraient avec précision le mouvement diurne relatif de la terre par rapport a l'éther, l'autre étant le gyrolaser, une sorte de gyroscope optique qui équipe maintenant la plupart des aéronefs et des fusées balistiques, prouvaient que l'interprétation relativiste de l'expérience de Michelson-Morley était suspecte. Par ailleurs, le Professeur Maurice Allais qui avait déjà montré les limites de la gravitation universelle qui ne permettait pas d'expliquer les mouvements de son pendule paraconique, eut la curiosité de s'intéresser aux expériences de Dayton-Miller qui reproduisaient avec beaucoup plus de soin celles de Michelson-Morley. Il se rendit compte que leur résultat significatif confirmait celles-ci et que, si l'on s'en tenait aux propres déclarations d'Einstein, la théorie de la relativité restreinte devait être abandonnée.

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Cet imbroglio conduit a s'interroger sur la nature de la lumière, sur les théories qui essaient d'en prévoir les manifestations et sur sa vitesse supposée. Les scolastiques pensaient que la lumière est une qualité de l'air et que la vision est instantanée. Le témoignage des pilotes de chasse et des astronautes confirme le premier point car ceux-ci affirment qu'en haute altitude, c'est-à-dire lorsque l'atmosphère est raréfiée ils sont dans l'obscurité.

Nous nous sommes demandé récemment si la vitesse de la lumière est réelle, et de quoi elle est la vitesse. Si l'on admet que les corpuscules lumineux, que ce soient ceux de la théorie de Newton ou les photons d'Einstein sont des êtres de raison, ils ne peuvent avoir de vitesse. Il en est de même pour les ondes des théories ondulatoires dont le support suppose, l'éther, nous semble également être un être de raison. Est-il certain que cette vitesse supposée de la lumière ait jamais été mise en évidence et mesurée ? Cela n'est pas certain. En effet, lorsqu'on examine la découverte supposée de celle-ci par Römer, on réalise qu'il raisonnait dans une conception héliocentrique de l'univers qui est erronée. D'autre part, on découvre que Jean-Baptiste Cassini qui était sceptique sur cette conception nouvelle demandait qu'elle soit vérifiée pour d'autres satellites de Jupiter, ce qui ne semble pas avoir été fait. Enfin, il faut imaginer, pour qu'il y ait propagation de la lumière, que celle-ci soit émise par sa source. Là encore, on voit mal comment un satellite peut émettre des corpuscules de lumière qui soient réels pour être dotés d'une véritable vitesse.

La contradiction entre les deux hypothèses sur le comportement de la lumière dans la traversée d'un milieu réfringent selon que l'on utilise une théorie ondulatoire ou une théorie corpusculaire de la lumière rend sceptique sur cette notion de vitesse de la lumière et peut conduire a réhabiliter la propagation instantanée des scolastiques. La fameuse expérience d'Alain Aspect qui semble prouver qu'un photon passe par deux trous a la fois peut conduire également a considérer cette particule ou ce grain d'énergie comme un être de raison et non un être réel.

Nous avons écrit plus haut qu'aucun savant catholique n'a conteste les Principia de Newton, qui est souvent considéré comme un des pères de la science moderne. Il faut remarquer tout d'abord que sa notion d'univers infini empruntée a Descartes est absurde et irréelle de même que son préjugé héliocentrique non démontré. On lui a fait gloire d'avoir été grâce a ses Principia le père de la mécanique céleste qui permet de faire des prévisions exactes. On peut rétorquer que le système de Ptolémée le faisait tout aussi bien sans faire appel comme le fait Newton aux notions contestables d'action a distance et d'attraction auxquelles il avouait lui-même ne pas adhérer dans sa correspondance avec Bentley.

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Système de Ptolémée

Enfin son principe d'inertie qui doit être considéré comme un principe mathématique et non physique a éliminé de la science la question de la cause des mouvements qui était bien présente dans la physique d'Aristote et de Saint Thomas. Il aura fallu attendre les expériences déjà évoquées de Maurice Allais avec son pendule paraconique pour mettre en défaut la prétendue universalité de la gravitation newtonienne. Une telle contestation gênait tellement les pontifes de la science officielle qu'on coupa les crédits qui auraient permis de poursuivre ces expériences.

Il semble donc qu'on ne puisse ramener la physique dans la réalité qu'en rompant avec les principes newtoniens et en revenant a la physique scolastique qui est la seule a épouser la réalité même si elle est uniquement qualitative et ne permet pas pour cette raison de faire des prévisions chiffrées. Ici une précision s'impose: lorsque, grâce a Leibnitz qui la révérait nous nous sommes tournés vers la conception scolastique du mouvement et avons découvert la nécessité d'un moteur, nous avions été arrêté par le fait que l'attribution par Saint Thomas de l'entraînement des corps célestes par des Anges ne pouvait s'appliquer aux sondes interplanétaires. Les Révélations de Sainte Hildegarde dont nous avons eu connaissance ultérieurement, en particulier dans le Livre des œuvres divines laissent entendre que les corps célestes sont entraînés par des vents dont on peut supposer qu'ils sont eux-mêmes gouvernés par des Anges selon la tradition catholique évoquée par Dom Guéranger dans son Année Liturgique a l'occasion de la fête des Anges gardiens. Nous pensons qu'un tel mode d'entraînement s'applique indifféremment aux corps célestes naturels et artificiels.

Enfin nous voudrions revenir sur la question de l’expansion supposée de l'univers -expression assez ambiguë- et sur le Big-bang qui est conçu comme l'extrapolation dans le passe de celle-ci. L'idée de cette expansion supposée a été formulée pour rendre compte du décalage des raies spectrales vers le rouge de certains corps célestes où on a voulu voir le résultat d'un effet Doppler dû a la vitesse d'éloignement. Cependant cette interprétation a été contestée par l'astrophysicien américain Halton Arp qui a observé d'une manière incontestable des ponts de matière entre des objets célestes auxquels on attribuait des vitesses supposées très différentes.

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Pont de matière de Halton Arp

Par ailleurs, comme nous l'avait fait remarquer Monsieur Allard, ancien professeur de radar a l'ENSTA, on arrivait a calculer par cette méthode des vitesses qui dépassaient celle qu'on attribue a la lumière. Halton Arp, qui a été interdit d'observation dans son pays a cause de ses observations contestataires, travaille actuellement au Max Planck Institut de Garsching près de Munich. Enfin nous avons évoqué plus haut l'interprétation du rayonnement cosmologique découvert par Penzas et Wilson comme une fossile du Big-Bang -notion absurde à notre sens.

II nous semble que ces mêmes observations trouvent tout a fait leur place et leur justification dans une conception géocentrique de l'univers sans conduire a démontrer la réalité du Big-Bang. En effet, Aristote et Saint Thomas pensaient que les corps célestes n'étaient pas de même nature que les corps terrestres, car les premiers décrivaient des mouvements circulaires autour de la terre alors que les seconds ne pouvaient que tomber vers le bas sous l'effet de la pesanteur. Une telle façon de voir permettrait de comprendre la différence existant entre les spectres des corps célestes et de ceux des corps terrestres de référence sans faire appel a un hypothétique effet Doppler impliquant un mouvement d'éloignement.

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Pont de matière de Halton Arp

Par ailleurs le rayonnement cosmologique qui est quasiment isotrope dans toutes les directions a partir de la terre peut provenir du firmament ou de son voisinage immédiat quand on admet son existence. C'est le point de vue soutenu par le Dr. Helmut Posch dans l’ouvrage qu'il a consacré a la cosmologie de Sainte Hildegarde Das Wahre Weltbild nach Hildegard von Bingen.

En conclusion, nous nous rendons compte que la conception traditionnelle de l'univers issue de l'enseignement donne par Dieu a notre premier père Adam, transmise a ses descendants et défendue par la Sainte Eglise lors du procès de Galilée et par quelques savants jésuite jusqu'à la fin du XVIIème siècle n'a jamais été réellement mise en défaut et qu'au contraire des observations de scientifiques modernes tels que le Professeur Maurice Allais, l'astrophysicien Halton Arp et les physiciens Penzas et Wilson la confirment lorsqu'elles sont bien interprétées.

Nous pourrions laisser a Dante le soin de donner une nouvelle orientation a la cosmologie en citant la dernière strophe de sa Divine Comédie: « Ici ma fantaisie succombe sous l'extase, mais déjà commandait aux rouages dociles de mon désir, de mon vouloir l'Amour qui meut et le soleil et les autres étoiles. »

En la Fête de l'Epiphanie 2008.
Yves Nourissat


Bibliographie :

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L'infaillibilité de la condamnation de Galilée, id.

L'empirisme de Galilée, id.

Solange Hertz, Qu'y a-t-il en haut ?, id.

L'abjuration de Galilée, id. Flavius Josèphe, Les Antiquités Juives.

Professeur Allard, La relativité, méprise évidente. CESHE-France

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Gerardus Bouw, With every wind of doctrine.

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Père Liti, Les corps célestes dans l'univers de Saint Thomas, Association Saint Rèmi,
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Ceshe - 2020